Ostéodensitométrie

De quoi s'agit-il ?

La mesure de la densité minérale osseuse (DMO) par ostéodensitométrie (DXA) est l’examen de référence pour diagnostiquer l’ostéoporose et guider la prévention des fractures.

Comment se déroule l’examen ?

La DXA utilise une absorptiométrie à rayons X pour mesurer la DMO avec une grande précision. Elle évalue le plus souvent :

  • la colonne (os surtout trabéculaire),
  • la hanche (os surtout cortical),
    et parfois le corps entier ou l’avant-bras (os essentiellement cortical), selon les situations.

L’examen dure en moyenne 15 à 20 minutes, est non invasif (sans prélèvement) et l’ostéoporose étant une maladie diffuse, il existe une bonne corrélation entre les différents sites de mesure.

Comment interpréter les résultats ?

Les résultats sont exprimés :

  • en valeur absolue (g/cm²),
  • en T-score : écart par rapport à la moyenne des adultes jeunes (20–29 ans),
  • en Z-score : écart par rapport à la moyenne des personnes du même âge.

Chaque baisse d’1 écart-type de la DMO double le risque de fracture au site mesuré. Exemple : un T-score à –3 correspond à un risque environ 8 fois plus élevé (2 × 2 × 2) que celui d’un adulte jeune.

Selon la définition de l’OMS :

  • Normal : T-score > –1
  • Ostéopénie : T-score entre –1 et –2,5
  • Ostéoporose : T-score ≤ –2,5

En Belgique, le seuil ≤ –2,5 est aussi utilisé pour le remboursement INAMI de certains traitements chez la femme ménopausée.
Chez l’homme, le remboursement nécessite 2 critères sur 3 :

  • T-score ≤ –2,5 à la colonne et/ou
  • T-score ≤ –1 à la hanche et/ou
  • tassement vertébral > 25 %

Remboursement INAMI de la DXA : conditions (restrictives)

L’ostéodensitométrie est remboursable par l’INAMI uniquement dans certains cas, notamment :

1) Femmes > 65 ans avec antécédent familial de fracture de hanche (1er ou 2e degré)

2) Quel que soit l’âge ou le sexe, si au moins un facteur de risque est présent :

  • fracture vertébrale par fragilité (atraumatique) non oncologique ;
  • fracture périphérique par fragilité (sauf doigts, orteils, crâne, face, colonne cervicale) ;
  • glucocorticoïdes > 7,5 mg équivalent prednisolone/jour pendant > 3 mois ;
  • cancer sous thérapie antihormonale ou ménopause secondaire à un traitement anticancéreux ;
  • affection(s) sous-jacente(s) à risque, comme :
    • polyarthrite rhumatoïde ;
    • hyperthyroïdie évolutive non traitée ;
    • hyperprolactinémie ;
    • hypogonadisme de longue durée (orchidectomie ou traitement prolongé par analogues GnRH) ;
    • hypercalciurie idiopathique ;
    • hyperparathyroïdie primaire ;
    • ostéogenèse imparfaite ;
    • syndrome/maladie de Cushing ;
    • anorexie nerveuse (IMC de Quetelet < 19 kg/m²) ;
    • ménopause précoce (< 45 ans).

Le remboursement de l’examen DXA peut être réaccordé après 5 ans, sous les mêmes conditions.

FRAX : estimation du risque à 10 ans

Le protocole doit inclure une estimation du risque fracturaire (FRAX). La demande d’examen doit donc mentionner :

  • fracture personnelle à l’âge adulte ;
  • fracture de hanche chez le père et/ou la mère ;
  • tabagisme actif ;
  • prise de glucocorticoïdes ;
  • polyarthrite rhumatoïde confirmée ;
  • ostéoporose secondaire ;
  • consommation de plus de 3 unités d’alcool/jour.

Le FRAX, combiné à la DXA, affine le risque de fracture à 10 ans (en intégrant des facteurs non directement liés à la DMO). À ce jour, son seuil ne donne pas automatiquement droit au remboursement des médicaments anti-ostéoporotiques.

Et hors remboursement ?

Il peut être pertinent de réaliser une DMO même hors critères INAMI, par exemple en cas de facteurs non repris (ex. chutes fréquentes, maladie de Parkinson) ou pour le suivi d’un traitement anti-ostéoporotique.