Unité intégrée d’hépatologie et d’alcoologie
Présentation
L’Unité intégrée d’hépatologie et d’alcoologie des Cliniques universitaires Saint-Luc accompagne les personnes présentant une dépendance à l’alcool avec ou sans atteinte digestive ou hépatique associée. Cette unité est née d’une collaboration entre le Service d’Hépato-gastroentérologie et le Service de psychiatrie adulte, afin de proposer une prise en charge tenant compte des dimensions médicales, psychologiques et psychiatriques de la problématique.
L’objectif est d’offrir un accompagnement global visant la réhabilitation personnelle et sociale, à travers un sevrage, une évaluation somatique et un travail psychologique.
L’équipe est composée de gastro-entérologues, de psychiatres, de psychologues, de personnel infirmier, d'une assistante sociale et d'une diététicienne.
En quoi consiste la prise en charge ?
Avant la cure
Une première rencontre est organisée. Le patient peut venir seul ou accompagné d’un proche, de son médecin ou d’une autre personne de confiance. Cet entretien a lieu avec un membre de l’équipe : psychologue, psychiatre ou gastro-entérologue.
Cette première étape permet de mieux comprendre la situation, les antécédents, les éventuelles cures ou suivis déjà réalisés, et d’évaluer si le cadre proposé par l’unité est adapté. La demande est ensuite discutée en équipe, avec l’ensemble des professionnels concernés.
Pendant la cure
La cure se déroule sur trois semaines, organisées en deux semaines d’hospitalisation séparées par une semaine de retour à domicile.
La première semaine d’hospitalisation a lieu du lundi matin au lundi matin suivant. Elle comprend :
- un sevrage physique avec traitement médicamenteux adapté ;
- un bilan de santé (notamment gastro-entérologique et neurologique) ;
- des entretiens avec des psychologues et des psychiatres pour explorer les facteurs liés à la consommation.
Le patient reçoit un programme détaillé des rendez-vous et examens prévus.
La semaine intermédiaire à domicile permet de confronter l’abstinence au cadre de vie habituel. Cette étape fait partie intégrante de la prise en charge : elle aide à mieux identifier les difficultés rencontrées à la maison, au travail ou dans l’environnement quotidien, et à amorcer un travail personnel de changement.
La deuxième semaine d’hospitalisation, également du lundi matin au lundi matin suivant, permet :
- de faire le point sur la semaine passée à domicile ;
- de communiquer les résultats des examens ;
- d’approfondir, si nécessaire, certains bilans ;
- de poursuivre les entretiens psychologiques et psychiatriques ;
- de préparer un suivi après l’hospitalisation.
Après la cure
Après l’hospitalisation, des entretiens ponctuels peuvent être proposés avec le psychologue et/ou le psychiatre de l’unité. Ces rendez-vous permettent d’évaluer l’évolution de la situation, le retour à domicile et la mise en place du suivi prévu.
Selon les besoins, le patient peut aussi être orienté vers des thérapeutes extérieurs pour un accompagnement ambulatoire plus soutenu.
Notre philosophie
La prise en charge est fondée sur plusieurs principes.
La confiance
L’unité fonctionne sur le principe d’une confiance réciproque. Le cadre est ouvert, avec des sorties autorisées dès la première semaine dans un périmètre défini. Cette organisation traduit la confiance de l’équipe dans les capacités du patient à faire face aux difficultés sans recourir à l’alcool, tout en respectant les engagements pris.
L’engagement
L’équipe attend du patient un engagement sérieux, sincère et authentique dans la prise en charge. Le patient est considéré comme acteur principal du changement, les soignants étant là pour l’accompagner dans ce travail.
La responsabilisation
Le patient est considéré comme une personne capable de répondre par elle-même à ses difficultés. L’accompagnement vise à reconnaître ses ressources et à soutenir sa capacité à se responsabiliser.
La qualité du contact et de la relation
La relation entre le patient et les soignants occupe une place centrale. Les entretiens avec les différents membres de l’équipe visent à permettre une réflexion sur les causes de l’alcoolisation, dans un cadre où le patient peut se sentir entendu et entouré.
L’expérimentation
Le cadre proposé permet une alternance entre l’hôpital et l’extérieur. L’objectif est d’accompagner le patient au plus près de ses conditions de vie habituelles, grâce à une mise à l’épreuve progressive de l’abstinence et des capacités de changement.
Et après ?
L’accompagnement ne s’arrête pas à la sortie.
L’équipe aide le patient à préparer le retour à domicile, organiser le suivi et orienter ce dernier vers les ressources adaptées.
L’objectif est de soutenir la continuité des soins.