Centre de pathologie anorectale de l'enfant

La pathologie anorectale de l’enfant regroupe les maladies touchant l’anus et le rectum, qu’elles soient congénitales (présentes à la naissance) ou acquises au cours de l’enfance.

Ces pathologies peuvent entraîner des difficultés pour aller à la selle, des douleurs, des infections ou des troubles du contrôle des selles. Elles nécessitent souvent une évaluation spécialisée et, dans certains cas, une prise en charge chirurgicale.

Leur nature et leur gravité sont très variables et, si elles mettent rarement en jeu le pronostic vital, elles peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie de l’enfant et de sa famille.

Aux Cliniques universitaires Saint-Luc, ces pathologies sont prises en charge par une équipe multidisciplinaire dédiée, permettant d’assurer un suivi global et adapté à chaque enfant et à sa famille.

Notre expertise

Le Centre assure la prise en charge interdisciplinaire de quatre pathologies principalement:

  1. Les malformations anorectales ou imperforations anales

    L'anus est mal positionné ou absent à la naissance; ce type de malformation (fréquence: 1/5000 naissances) requiert la réalisation d'interventions chirurgicales parfois complexes, et ce durant les 6 premiers mois de vie. Certains enfants, malgré une correction chirurgicale adéquate, vont présenter à partir de 3-4 ans une dysfonction fécale nécessitant un suivi prolongé jusqu'à l'âge adulte.

  2. La maladie de Hirschsprung

    Le côlon est dépourvu des cellules nerveuses indispensables à sa fonction correcte de propulsion des selles (fréquence: 1/5000 naissances); il en résulte un obstacle sur l'intestin, avec nécessité d'un traitement chirurgical précoce (parfois en période néonatale); la prise en charge de cette affection congénitale comporte un bilan génétique, car, dans certains cas, il existe des mutations chromosomiques associées à d'autres pathologies connexes.

  3. L'incontinence pour les matières fécales

    L'enfant, qui devrait acquérir ses mécanismes de continence vers l'âge de 3 ans, reste souillé et porteur de lange. en l'absence de prise en charge, cette situation handicape gravement la vie familiale et sociale de ces patients, avec possibilité de séquelles psychologiques. Les causes les plus fréquentes de l'incontinence fécale chez l'enfant sont le myeloméningocèle lombaire (ou spina bifida) et les séquelles de certaines formes de malformation anorectale (voir ci-dessus). On peut estimer à environ 800 le nombre d'enfants porteurs de ce handicap en Belgique. Une technique appelée " gestion intestinale " permet de restaurer la propreté fécale chez ces patients. Cette prise en charge doit idéalement être débutée avant l'entrée en première année d'école primaire de façon à éviter l'isolement progressif de l'enfant par ses camarades.

  4. La constipation chronique

    Selon certaines statistiques britanniques, 34% des enfants seraient constipés ou considérés comme tels par leurs parents. La constipation chronique peut provoquer des douleurs abdominales, du ballonnement, une perte d'appétit, et même dans certains cas des souillures fécales dans les sous-vêtements de l'enfant. Une prise en charge médicale, diététique et parfois psychologique permet dans la grande majorité des cas de contrôler ce type de situations. Une petite proportion des enfants constipés sont par ailleurs porteurs d'une affection médicale sous-jacente, nécessitant alors un traitement plus spécifique.

Pourquoi venir à Saint-Luc ?

Lorsque l'enfant est pris en charge dès la naissance par une équipe multidisciplinaire, une relation de confiance durable s’installe entre les soignants, l’enfant et sa famille. Ce suivi au long cours, jusqu’à la fin de la puberté, permet d’anticiper les difficultés susceptibles d’apparaître avec le temps, notamment sur le plan psychologique, et d’adapter la prise en charge de manière préventive.

Au sein du Centre de pathologie anorectale de l’enfant, plusieurs approches thérapeutiques complémentaires sont privilégiées.

Les aspects psychologiques

La collaboration entre pédiatres et pédopsychiatres permet d’accompagner l’enfant et sa famille face aux enjeux d’une maladie chronique. Les pathologies anorectales concernent une zone du corps chargée d’une forte dimension affective et symbolique.
L’accompagnement psychologique vise à aider l’enfant à s’approprier cette partie de son corps, notamment dans le processus d’acquisition du contrôle sphinctérien, étape importante du développement affectif, social et de l’autonomie.

La kinésithérapie de rééducation anorectale

Le kinésithérapeute joue un rôle essentiel au sein de l’équipe multidisciplinaire. Son intervention comprend :

  • l’évaluation des capacités fonctionnelles de l’enfant et de sa compréhension ;
  • l’apprentissage de bonnes habitudes liées à l’exonération fécale ;
  • la rééducation des muscles périnéaux afin d’améliorer le contrôle sphinctérien ;
  • un accompagnement progressif de l’enfant et de sa famille, favorisant l’acquisition de la propreté et de la continence.

Le rôle de l'infirmière stomathérapeute

L’infirmière spécialisée intervient à plusieurs niveaux :

  • elle accompagne les parents dans la gestion des stomies digestives lorsque celles-ci sont nécessaires;
  • elle enseigne les techniques de gestion intestinale en cas d’incontinence fécale ;
  • elle assure la coordination entre les différents intervenants afin de garantir une prise en charge cohérente et structurée pour l’enfant et sa famille.

Nos conseils pour favoriser le transit intestinal

Un apport suffisant en fibres est essentiel pour favoriser un bon transit intestinal. On les trouve naturellement dans de nombreux aliments du quotidien.

Où trouver des fibres ?

Les céréales complètes
Privilégiez les céréales complètes (pain complet ou gris, flocons d’avoine, riz complet, pâtes complètes…) en remplacement des céréales raffinées.

Les fruits
Il est recommandé de consommer au moins deux fruits par jour.
Tous les fruits sont intéressants, en particulier :
pomme, orange, prune, rhubarbe, groseilles, myrtilles, mûres, cassis
Les fruits secs (abricots secs, figues, pruneaux…) sont également riches en fibres.

Les légumes
Essayez d’en consommer à chaque repas principal.
Les légumes particulièrement riches en fibres sont :
les choux (vert, rouge, de Bruxelles), le céleri-rave, la betterave, les épinards, le maïs et les légumes secs (lentilles, fèves…).

Enrichir son alimentation si nécessaire

Si l’alimentation seule ne suffit pas, il est possible d’augmenter progressivement l’apport en fibres :

  • Certains compléments riches en fibres sont disponibles en pharmacie.
  • Le son de blé peut également être utilisé (en flocons ou comprimés), à ajouter dans un jus, un yaourt ou un potage.
    Il est préférable de l’introduire progressivement afin d’éviter les ballonnements.

Attention toutefois aux produits « enrichis en fibres » (biscuits, céréales…) : leur teneur réelle en fibres est souvent limitée et peut s’accompagner d’un apport calorique supplémentaire.

Un point essentiel : bien s’hydrater

Une alimentation riche en fibres nécessite de boire davantage.
Les fibres agissent en se gorgeant d’eau dans l’intestin : un apport hydrique suffisant est donc indispensable pour qu’elles facilitent efficacement le transit.