Clinique des maladies osseuses rares et de l'ostéoporose réfractaire
L’ostéoporose est une maladie silencieuse qui fragilise progressivement les os et augmente le risque de fractures, en particulier au poignet, à la hanche et aux vertèbres. Elle survient le plus souvent après 45 ans et touche davantage les femmes après la ménopause, mais elle peut aussi concerner les hommes. Le dépistage est simple et permet d’agir tôt, tandis que les traitements disponibles réduisent considérablement le risque de fracture.
Aux Cliniques universitaires Saint-Luc, le patient est pris en charge au sein de la Clinique des maladies osseuses rares et de l'ostéoporose réfractaire. Il y bénéficie d’un parcours complet et personnalisé afin de confirmer le diagnostic de la maladie, d'en rechercher les causes éventuelles et de recevoir, le cas échéant, un traitement approprié.
Symptômes et dépistage
Dans la majorité des cas, l’ostéoporose ne provoque aucun symptôme jusqu’à la première fracture dite de fragilité, qui survient après une chute banale. Parfois, des signes apparaissent plus progressivement, comme des douleurs dorsales, une diminution de la taille, un dos qui s’arrondit ou la répétition de fractures. Certains facteurs augmentent le risque, comme une ménopause précoce, des antécédents familiaux, un faible poids, le tabac, l’alcool, la sédentarité ou encore certains traitements médicamenteux tels que la corticothérapie prolongée.
Le dépistage est recommandé à partir de 65 ans chez la femme voire plus tôt en présence de facteurs de risque ou d’antécédents de fracture. Il repose principalement sur une densitométrie osseuse, aussi appelée DEXA, qui mesure la solidité des os grâce au T-score.
Un bilan sanguin peut être proposé pour rechercher des causes secondaires, tandis que le risque global de fracture à dix ans peut être évalué par des outils spécifiques comme le score FRAX développé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour évaluer le risque de fracture ostéoporotique d’une personne sur une période de 10 ans. Ce test prend en compte différents facteurs de risque cliniques (avec ou sans résultat de densitométrie osseuse) tels que :
- l’âge,
- le sexe,
- l’indice de masse corporelle (IMC),
- les antécédents personnels de fracture,
- les antécédents familiaux de fracture de la hanche,
- le tabagisme,
- la consommation d’alcool,
- la prise prolongée de corticoïdes,
- certaines maladies associées à l’ostéoporose (polyarthrite rhumatoïde, par exemple).
Le calcul fournit deux résultats :
- le risque de fracture majeure ostéoporotique (colonne vertébrale, hanche, épaule, poignet),
- le risque de fracture de la hanche.
Traitement
La prise en charge de l’ostéoporose associe toujours des mesures d’hygiène de vie et, lorsque cela est nécessaire, un traitement médicamenteux. Il est essentiel d’assurer un apport suffisant en calcium et en vitamine D, parfois avec une supplémentation, et de pratiquer une activité physique régulière comprenant renforcement musculaire et exercices d’équilibre. L’arrêt du tabac, la limitation de l’alcool et la prévention des chutes font également partie des mesures de base.
Différents traitements médicamenteux existent et sont adaptés à chaque situation. Les plus courants sont les bisphosphonates, administrés par voie orale ou intraveineuse, et le denosumab, qui réduit la résorption osseuse. Dans certains cas à haut risque, un traitement anabolique, tel que la tériparatide ou le romosozumab, peut être proposé. Chez certaines patientes, une prise en charge hormonale peut être envisagée. Le suivi régulier, notamment par densitométrie et consultation spécialisée, permet d’ajuster la stratégie thérapeutique au fil du temps.